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BA

Bonjour David en tant que précurseur et acteur de la pêche de compétition en France, toi qui à également participé à des épreuves en Espagne et en Italie nous voulions avoir ton avis sur l'évolution de la compétition.

 

Alors que les membres de la commission bateau planchent en ce moment sur le futur règlement du GN, j’aimerai que tu nous expliques ta position, car je sais que ton avis sur la question est assez creusé. C’est possible ?

 

 

DD

Oui, pourquoi pas, en espérant que les personnes en charge de ce dossier n’en prennent pas ombrage… C’est un difficile travail de se mettre d’accord ; surtout quand on sait qui compose cette commission, avec toutes les disparités d’opinion qu’elle regroupe !

J’aimerais auparavant re-situer certaines choses.

Tout d’abord, il faut savoir que le règlement international de la FIPSed ne prévoit pas de quota (1 commissaire par bateau qui pèse chaque prise), ne comptabilise qu’une seule espèce par épreuve (soit du sandre, soit du brochet, etc.), et le total se fait toujours à la pesée. Il n’y a donc pas 50 façons de voir les choses : soit on suit le règlement international dans son intégralité ; soit on ne le suit pas, car il ne correspond pas à notre mode de fonctionnement.

Si l’on choisit l’option une (suivre le règlement FIPSed, NDLR), alors, il n’y a pas de débat.

Mais si l’on veut adopter un autre règlement plus en accord avec nos habitudes, alors il ne faut surtout pas perdre de vue trois grands lignes directrices que sont : l’attractivité, la sélection et l’image renvoyée.

 

BA

Mais, on a du mal à comprendre : pourquoi la commission bateau s’ingénue à produire un règlement différent de celui de la FIPSed !?

 

 

DD

Parce que le règlement de la FIPSed est difficilement applicable au niveau local. Il prévoit un commissaire par bateau ! Sans parler de la pertinence de ce règlement (que l’on pourrait commenter), il est tout simplement irréalisable aujourd’hui en France, car les clubs organisateurs ne disposent pas d’assez de bénévoles. Le bureau du GN a donc tout à fait raison de vouloir produire un autre règlement pour la France.

 

BA

Actuellement, deux visions se font face : un quota de 6 poissons, toutes espèces confondues et l’ancien système de l’AFCPL basé sur des quotas par espèce. Je crois connaître ton avis sur la question…

 

 

DD

Puisque l’on a choisi le schisme avec la réglementation FIPSed pour des raisons de logistique, alors allons jusqu’au bout et ne nous contentons pas seulement de subordonner le règlement à nos modes de fonctionnement ! Façonnons-le aussi en fonction de nos 3 objectifs pré-cités ! (que sont rappelons-le : l’attractivité, la sélection et l’image renvoyée, NDLR)

Au niveau local tout d’abord, il faut renforcer l’attractivité pour recruter le maximum de compétiteurs possible (augmenter la base de la pyramide) : simplifions donc le règlement afin qu’il soit compris de tous et allégeons l’organisation pour susciter des vocations d’organisateur !

Il faut que les compétitions locales soient faciles à organiser : pour cela, elles doivent nécessiter le moins de bénévoles possibles et ne pas coûter trop cher en frais de fonctionnement.

Elles doivent également être attractives pour les futurs participants : pour cela, il faut simplifier les règlements et surtout ouvrir grand les manettes du facteur chance pour donner l’impression que tout le monde peut gagner (comme au poker). En cela, les compétitions locales doivent donc se dérouler à la pesée, à terre, sans commissaire sur l’eau, avec un quota multi-espèces. Cela me paraît limpide. Je crois qu’Etienne (Fleurant, NDLR) avait fait une proposition de règlement dans ce sens, et je ne peux que le suivre. Car la pesée couplée au multi-espèces apporte son petit lot de hasard aux plus chanceux qui captureraient un gros poisson, tandis qu’un quota à 6 permet aux bons pêcheurs de bien se classer et favoriser une bonne sélection.

 

Quant aux épreuves nationales qui sont censées regrouper les meilleurs, elles doivent également être simples à organiser (homologation à terre), pour bénéficier des meilleurs sites. Mais elles doivent surtout restreindre au maximum ce facteur chance tant recherché au niveau local, puisque l’objectif n’est plus ici de séduire de nouveaux adeptes, mais plutôt de « tailler dans le gras », en d’autres termes de sélectionner drastiquement. Pour diminuer ce facteur chance inhérent à la pêche, quoi de mieux que des épreuves mono-espèce ?! Toutes les nations l’utilisent avec succès depuis plus d’un demi-siècle, car cela leur permet d’éradiquer les coups de bol que l’on a tous connu au moins une fois : brochet pris au plomb pal’ destiné aux perches, sandre en weightless destiné au bass, perche au swimbait destiné au brochet, etc. On peut, de façon nationale, organiser une épreuve sandre, une épreuve brochet et une épreuve perche. Le gagnant sera assurément celui qui sera le meilleur et le plus polyvalent, sans aucune contestation possible.

Pour moi et pour de nombreux observateurs ayant usé leur pouce sur les compétitions internationales, les épreuve locales doivent être attractives et les épreuves nationales techniques. Et jamais l’inverse ! Une chose est sûre, la pesée à terre est obligatoire dans les deux cas, car elle seule permet d’assurer une vitrine (image renvoyée) parfaitement visible et convenable à notre sport, en permettant de produire des podiums de beaux poissons. Car la pesée propulse inéluctablement l’auteur de gros poissons dans les premières places. Le Défi Nord et Ouest nous l’ont prouvé.

En résumé, j’aime l’idée d’Etienne Fleurant et son quota 6 multi-espèces pour les épreuves régionales et le système de l’AFCPL (3 brochets, ou 4 sandres, ou 5 perches) en mono-espèce proposé par Fred Marre pour les divisions supérieures et les finales. Dans tous les cas, la pesée s’impose comme une évidence, si l’on ne veut pas que nos compétitions françaises se fassent dénigrer et montrer du doigt car se focalisant sur des juvéniles (perchettes de 25 cm, sandrillons de 40 cm ou brochetons de 50) !

Toujours en raison de l’image renvoyée, le quota des compétitions mono-espèce doit, pour moi, impérativement rester court (3, 4 ou 5 maxi) afin qu’une majorité d’équipes les réalise et ainsi produise une image positive des compétiteurs. L’image de soi-disant champions ne parvenant pas à boucler leur quota est actuellement déplorable et nuisible, non seulement à  la compétition, mais aussi aux AAPPMA qui accueillent les épreuves. Par mon métier, je discute tous les jours avec des pêcheurs et l’image véhiculée aujourd’hui par des compétitions où les quotas ne sont pas bouclés est, croyez-moi, désastreuse… Et ce n’est pas le but de la compétition qui a pour fonction première d’embellir l’image de la pêche et la rendre facile, accessible et attrayante.

 

Merci David pour ces quelques explications.

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